BadinAge de Pierre

Cet amoureux des mots nous offre sa plume ironique et même ses coups de gueule "culturels"


Johnny d'Ormesson

6 décembre 2017

Ah, que l’actualité est parfois noire ! C’est noir, du côté de Saint-Fargeau et du Figaro. Plus d’espoir à Marne la coquette. Johnny s’appelait aussi Jean, de son vrai demi-prénom de naissance, mais Jean ne s’appelait pas Johnny et ne twistait pas plus, du moins à ma connaissance, que Johnny ne lisait “Voyez comme on danse”. À vrai dire, je dois confesser franchement que, moi itou, je l’ai plus entendu et vu que lu, Monsieur d’Ormesson, à la télévision, érudit gourmand à l’élocution si caractéristique, aristocratique, frénétique, verve raffinée, béguins savoureux, faconde sur les ondes. Presque rien sur presque tout, au plaisir de Dieu… Berceuse pour l’éternité, j’endors mes sons.

 Du penseur, écrivain à particule, au chanteur, en vogue, qui gesticule. Deux passionnés nous quittent, mais la plume ardente, sitôt estompée par la voix tonitruante… Bien qu’étant jeune, à un certain moment, ce n’était pas mon idole, je l’avoue de même, timidement, je n’ai pas le rock en haute estime, le bas tout au plus, de Jean-Sébastien à Jean-Baptiste, en passant par Jean-Philippe, un autre, plus ancien. J’en ai tout de même, dans mon antre, deux enregistrements, jaunis, sur des Sonoramas… Magazine Sonore de juin 1960, à 5 nouveaux francs, après le mariage de Margaret et un entretien avec Khrouchtchev, Belmondo a choisi pour vous 3 chansons, dont une de Johnny : Laisse les filles, tu as bien le temps d’avoir des milliers d’embêtements… Notre magazine pourtant ne délaisse pas Halliday et lui consacre, un an après, la couverture du numéro d’octobre-novembre 1961, à 10 nouveaux francs celui-là, premier numéro avec disque souple à double-face, après De Gaule aux prises avec les partis - rien de bien nouveau - puis un coup d’état syrien - tiens déjà ! - trois titres savamment agrémentés d’explications, plus d’un million de disques vendus, à 18 ans, les jeunes sont debout et se balancent en mesure, commente, avec fougue monocorde, une voix off, Tutti frutti, Bien trop timide, et puis Laisse les filles, à nouveau, qui grésille sous ma platine chargée du disque souple, tout blanc…

 Et pourtant, je connais Le p’tit clown de ton cœur et Kili Watch, presque par cœur, passés des heures, sur le tourne-disque, par ma sœur, ce petit air, c’est contagieux, j’ai consulté… Mais fan ou pas, il est des gens qui, sans votre avis, occupent, sans gêne, un coin de votre mémoire, et puis il faut bien reconnaître, en leur pardonnant humblement, que Jean-Philippe Léo, fruit scénique d’abondance, d’une once un peu sauvage, chantait si bien la mûre, et Jean Bruno Wladimir François de Paule, glissait si bien, dans un murmure, près du rivage, comme un chant d’espérance.

 

                                                                    Saveur du temps… Souvenirs, souvenirs…


L'œuvre "Chiens ne pouvant pas se toucher"

L'Art a du chien au Guggenheim novembre 2017

Au musée Guggenheim de New York, deux artistes chinois, dont les noms n’ont aucune espèce d’importance, exposent une œuvre vidéo intitulée “Dogs That Cannot Touch Each Other” où deux vrais chiens, en laisse, sont sur un tapis roulant. Un autre, dénommé Xu Bing, a eu l’idée de tatouer deux cochons, décidément tout est bon, pour le cochon. Un autre encore a entassé des reptiles, des amphibiens, des insectes dans une sorte de vivarium où ils se bouffent à loisir, de conviviale manière.
Mais que fait donc Xi Jinping ? Il n’aura pas trop de cinq ans encore pour mettre tous ces farfelus croquignolesques au pas. Il est vrai qu’il n’est pas aisé de gouverner tous ces petits chinois qui procréent et créent, avec plus ou moins de bonheur, par centaines de millions.

Émoi, et moi et moi... Pierre Jesupret


Dernière nouvelles 
Suite à une pétition lancée par *change.org, le musée new-yorkais a retiré l'œuvre en question. 
*change.org est une association mondiale créer par l'américain Ben Rattray pour le changement.