BadinAge de Pierre

Cet amoureux des mots nous offre sa plume ironique et même ses coups de gueule "culturels"


Colette Maze

à 103 elle sort son 4ème album

Claude Debussy

18 avril 2018

Qu’il disperse le son dans une pluie aride,
C’est, à l’horizon pas remué d’une ride,
Le visible et serein souffle artificiel
De l’inspiration, qui regagne le ciel.
     Humant l’air de ses mains qui visitent les notes, Colette apprivoisant et l’ébène et l’ivoire… Dame Maze joue du piano depuis 99 ans, c’était et c’est sa vie durant, quatre heures par jour. Son petit-fils a voulu garder le son de ces mouvements, l’émouvant de ces sons. À 103 ans elle sort donc son quatrième CD sous le label Continuo Classics, consacré à Piazolla, Ginastera et Debussa, pardon ! Debussy. Enregistré sur un crapaud, alors qu’il était tard, loin des tintamarres de la rue, par un ingénieur du son venu à son domicile parisien, ce disque compact est un condensé de passion musicale de cette respectable professeur qui, à des centaines d’élèves, a consacré des dizaines de centaines d’heures, transmettant son savoir, patiemment au fil des ans. Née plus d’un siècle avant, on peine à imaginer, sous le tonnerre de la guerre… Pas de télé, pas de smartphone, pas de frigo, pas d’internet, la musique et l’image commençaient  à peine à entrer de conserve dans le perpétuel, sur le verre, les photos, pour le son, les rouleaux, puis le vibrant phénomène s’exhalait, par une matinée sous la pluie, du pavillon d’un phono.
     Un faune, au beau milieu de quelques notes, l’après midi d’un air bruissant. Disparu voici tout juste un siècle, Debussy dont on connaît bien la mer avait, pour sa fille, écrit Children’s corner. De reflets sous la pluie en cathédrale engloutie, d’élans épars qui scintillent, émoustillent, des arabesques au clair de lune, se vautrent en haletant. Il convie le mystère, s’étalant sans retouche, souvent la flûte y flaire, oscillante et cascadante, se perche sur un accord versatile étonnant. Tremblements inertes, alertes qui gazouillent en tremblotant. Debussy, de beaux sons débusqués.
     En disant le temps qui passe, les bruits doux qui s’égrainent, l’incarnat qui voltige, aux doigts naissant d’élans épars, complainte furtive évanescente au détour des sentiers, vagues souvenirs omis d’amis et d’amadou des matins. Le jour a plus d’un temps dans ses ressacs ! Que de fleurs qui chantonnent, souvenance diaprée, que de voix  qui retentissent, tissant le trouble palpitant, que d’effluves mélodieux, en respirant ! Que de réminiscences exquises, de nuances qui frissonnent, que de scintillements qui étonnent…
                                                                                                                   
                                                                                                               En sentant !


Johnny d'Ormesson

6 décembre 2017

Ah, que l’actualité est parfois noire ! C’est noir, du côté de Saint-Fargeau et du Figaro. Plus d’espoir à Marne la coquette. Johnny s’appelait aussi Jean, de son vrai demi-prénom de naissance, mais Jean ne s’appelait pas Johnny et ne twistait pas plus, du moins à ma connaissance, que Johnny ne lisait “Voyez comme on danse”. À vrai dire, je dois confesser franchement que, moi itou, je l’ai plus entendu et vu que lu, Monsieur d’Ormesson, à la télévision, érudit gourmand à l’élocution si caractéristique, aristocratique, frénétique, verve raffinée, béguins savoureux, faconde sur les ondes. Presque rien sur presque tout, au plaisir de Dieu… Berceuse pour l’éternité, j’endors mes sons.

 Du penseur, écrivain à particule, au chanteur, en vogue, qui gesticule. Deux passionnés nous quittent, mais la plume ardente, sitôt estompée par la voix tonitruante… Bien qu’étant jeune, à un certain moment, ce n’était pas mon idole, je l’avoue de même, timidement, je n’ai pas le rock en haute estime, le bas tout au plus, de Jean-Sébastien à Jean-Baptiste, en passant par Jean-Philippe, un autre, plus ancien. J’en ai tout de même, dans mon antre, deux enregistrements, jaunis, sur des Sonoramas… Magazine Sonore de juin 1960, à 5 nouveaux francs, après le mariage de Margaret et un entretien avec Khrouchtchev, Belmondo a choisi pour vous 3 chansons, dont une de Johnny : Laisse les filles, tu as bien le temps d’avoir des milliers d’embêtements… Notre magazine pourtant ne délaisse pas Halliday et lui consacre, un an après, la couverture du numéro d’octobre-novembre 1961, à 10 nouveaux francs celui-là, premier numéro avec disque souple à double-face, après De Gaule aux prises avec les partis - rien de bien nouveau - puis un coup d’état syrien - tiens déjà ! - trois titres savamment agrémentés d’explications, plus d’un million de disques vendus, à 18 ans, les jeunes sont debout et se balancent en mesure, commente, avec fougue monocorde, une voix off, Tutti frutti, Bien trop timide, et puis Laisse les filles, à nouveau, qui grésille sous ma platine chargée du disque souple, tout blanc…

 Et pourtant, je connais Le p’tit clown de ton cœur et Kili Watch, presque par cœur, passés des heures, sur le tourne-disque, par ma sœur, ce petit air, c’est contagieux, j’ai consulté… Mais fan ou pas, il est des gens qui, sans votre avis, occupent, sans gêne, un coin de votre mémoire, et puis il faut bien reconnaître, en leur pardonnant humblement, que Jean-Philippe Léo, fruit scénique d’abondance, d’une once un peu sauvage, chantait si bien la mûre, et Jean Bruno Wladimir François de Paule, glissait si bien, dans un murmure, près du rivage, comme un chant d’espérance.

 

                                                                    Saveur du temps… Souvenirs, souvenirs…


L'œuvre "Chiens ne pouvant pas se toucher"

L'Art a du chien au Guggenheim novembre 2017

Au musée Guggenheim de New York, deux artistes chinois, dont les noms n’ont aucune espèce d’importance, exposent une œuvre vidéo intitulée “Dogs That Cannot Touch Each Other” où deux vrais chiens, en laisse, sont sur un tapis roulant. Un autre, dénommé Xu Bing, a eu l’idée de tatouer deux cochons, décidément tout est bon, pour le cochon. Un autre encore a entassé des reptiles, des amphibiens, des insectes dans une sorte de vivarium où ils se bouffent à loisir, de conviviale manière.
Mais que fait donc Xi Jinping ? Il n’aura pas trop de cinq ans encore pour mettre tous ces farfelus croquignolesques au pas. Il est vrai qu’il n’est pas aisé de gouverner tous ces petits chinois qui procréent et créent, avec plus ou moins de bonheur, par centaines de millions.

Émoi, et moi et moi... Pierre Jesupret


Dernière nouvelles 
Suite à une pétition lancée par *change.org, le musée new-yorkais a retiré l'œuvre en question. 
*change.org est une association mondiale créer par l'américain Ben Rattray pour le changement.